In revue Filigrane. Musique, Esthétique, sciences, société n°10:
sous la direction de Geneviève Mathon et Eric Dufour
Ce numéro s’ouvre avec une partition inédite de Xenakis (transcrite par François-Bernard Mâche), Rythmes sur tabla, qui date de l’époque où, encore étudiant chez Olivier Messiaen, le jeune Xenakis s’intéressait plus aux recherches rythmiques qu’aux recherches sur les masses, les probabilités ou le son qui le feront connaître. Prendre connaissance de cette œuvre surprenante permet de mieux comprendre la résurgence du rythme dans des chefs-d’œuvre ultérieurs comme Psappha.
Ce numéro sur le rythme est dédié à la mémoire de Daniel Charles (1935-2008), un des musicologues les plus fertiles du XXe siècle, qui a su défendre la musique de son temps. Il pose les questions : qu’est-ce que le rythme ? Quel est le rapport entre rythme et temps ? Quel rapport le rythme entretient-il avec les autres paramètres musicaux ? Le musicien a-t-il une approche autre du rythme que le philosophe ? L'approche du rythme varie-t-elle selon qu’on s'intéresse à telle ou telle musique, telle ou telle période, tel ou tel courant esthétique ? Les travaux réunis dans ce volume ont pour intérêt de faire la synthèse, non seulement de l’ensemble des problèmes soulevés par la notion de rythme, mais aussi de faire le point sur les recherches actuelles (musicologiques, philosophiques et plus largement scientifiques). Il y a premièrement la question des rapports entre les différents paramètres musicaux, dont on ne peut faire l’économie dans une réflexion sur le rythme, pour autant qu’on ne peut isoler que d’une manière tout abstraite et tout artificielle une des dimensions de la musique qui n’existe que par et pour les autres. Il y a deuxièmement le rapport du rythme et du temps, mais il faut ici distinguer plusieurs manières d’appréhender le problème. Il y a enfin une dernière dimension du rythme sur laquelle il faut d’autant plus insister qu’elle est souvent négligée, sans doute parce qu’il s’agit d’une dimension qui n’est pas proprement esthétique au sens qu’on accorde en général à ce terme : c’est la dimension politique du rythme.
Sommaire :
Comité de lecture et de rédaction : Joëlle Caullier (Université de Lille 3), Jean-Marc Chouvel (Université de Reims), Jean-Paul Olive (Université de Paris 8), Makis Solomos (Université de Montpellier 3).
L'objet de cette thèse (en langue portugaise) est le développement d'un programme informatique transformant en sons des images géométriques en trois dimensions. Il s'agit en d'autre termes d'établir un lien direct entre architecture et musique. Il était donc naturel de se tourner tout d'abord vers le compositeur Iannis Xenakis, en quête de support théorique à une telle démarche, à travers notamment le concept de hors-temps. Après une partie dévolue à la théorie musicale et une autre consacrée aux techniques mathématiques (notamment l'arithmétique modulaire) pouvant être utilisées dans un tel processus de transposition, la thèse s'intéresse à une possible extension de tels travaux à l'aide qui porurait être apportée ainsi aux déficients visuels.
Faculté d'Architecture et d'Urbanisme, Université Fédérale de Rio de Janeiro, 2009.
Page de téléchargement de la thèse : www.dominiopublico.gov.br/
Cet ouvrage rassemble pour la première fois l'ensemble des écrits de Iannis Xenakis consacrés à l'architecture et aux relations entre musique et architecture, structuré en quatre parties : "Les années Le Corbusier (1947-1959), "La ville cosmique et autres écrits", "Xenakis, architecte indépendant", "Les Polytopes". Completé d'un index critique illustré de l'ensemble des projets et réalisations (Sven Sterken), d'une bibliographie thématique (Makis Solomos) et d'un tableau chronologique comparatif (biographique, œuvres musicales, projets architecturaux, écrits), le volume reprend le matériel originel de Xenakis (présenté et commenté par Sharon Kanach) retrouvé lors de l'inventaire de ses archives personnelles désormais déposées au département de la musique de la Bibliothèque nationale de France à Paris.
Dans ce document de première importance, Xenakis analyse de manière très détaillée cette œuvre majeure, en particulier l’utilisation personnelle et originale d’une écriture sérielle. Il y présente également la notion de " durée différentielle " qui gardera sa pertinence dans ses œuvres ultérieures.
Choix de textes de Xenakis traduits en italien, dont deux inédits :
Considérant la musique comme un art de la métaphore, les participants à ce colloque ont étudié les différentes implications de la notion d’analogie dans la composition comme dans l’appréciation d’œuvres musicales. Dans cette perspective, ils se sont plus particulièrement penchés sur la référence aux étoiles, image antique récemment réactivée par la science contemporaine.
Ce livre, issu des réflexions développées dans ce colloque, s’articule en deux parties distinctes, la première traitant de la notion de métaphore en musique et d’occurrences significatives de la métaphore lumineuse chez des compositeurs contemporains tels que Varèse, Scelsi, Stockhausen ou Cristobal Halffter ; la seconde s’attachant plus spécifiquement aux œuvres de deux créateurs récemment disparus : Gérard Grisey et Iannis Xenakis. L’un comme l’autre ont placé la métaphore au cœur de leur démarche, Grisey évoquant la " chair du temps ", Xenakis procédant à des " transferts " de modèles.
Première partie. La métaphore lumineuse
Seconde partie. Xenakis-Grisey
Ce travail montre, à l’aide d’analyses musicales précises et détaillées que Xenakis a souvent pratiqué le " montage ", c’est-à-dire la réutilisation de matériaux de ses propres œuvres, en les transformant selon plusieurs procédés : montage proprement dit, manipulations (sons à l’envers, séquençage, mixage, micromontage) et traitements. Le travail est précédé d’une première partie qui traite des diverses " théories " xenakiennes (stochastique, cribles, groupes, automates cellulaires), selon des approches originales. L’auteur a pris pour corpus pratiquement la totalité de l’œuvre xenakien et la thèse se conclut par une liste des œuvres où l’on peut lire leur généalogie (selon les matériaux qu’une œuvre a empruntés à une œuvre antérieure). (Makis. Solomos.)